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Les PME face à la hausse des faillites : comment survivre

Face à la hausse des faillites, les PME doivent agir avant que la situation ne se dégrade. Suivi de trésorerie, renégociation des délais… quels leviers activer, et à quelles conditions ?

Les PME face à la hausse des faillites : comment survivre

Les PME face à la hausse des faillites

Une PME qui voit ses commandes ralentir doit-elle réduire ses effectifs, renégocier ses délais de paiement ou chercher un nouveau financement ? La question se pose avec d'autant plus d'acuité que les défaillances d'entreprises ont augmenté ces dernières années, après une période où les dispositifs de soutien public avaient maintenu artificiellement en vie un certain nombre de structures.

Pour les dirigeants, l'enjeu n'est pas tant de connaître le chiffre exact des faillites que de savoir quels leviers activer avant que la situation ne se dégrade. Plusieurs usages se sont installés dans les petites et moyennes entreprises, avec des résultats variables selon la taille, le secteur et la trésorerie disponible.

Anticiper avec les outils de suivi de trésorerie

Le premier réflexe constaté chez les dirigeants avertis consiste à suivre la trésorerie de manière rapprochée, parfois hebdomadaire plutôt que mensuelle. Un plan de trésorerie glissant sur plusieurs mois permet de repérer un décalage entre les encaissements attendus et les décaissements programmés. Ce suivi ne crée pas de cash, mais il donne un délai d'action. À consulter également : Conseilenreferencement.

L'usage a ses limites. Beaucoup de PME ne disposent pas d'un service comptable capable de produire ces prévisions en continu. Le dirigeant les établit alors lui-même, souvent de façon approximative. Un plan de trésorerie mal renseigné peut donner une fausse sécurité, notamment lorsque les délais de paiement clients sont surestimés.

Renégocier les délais avec clients et fournisseurs

Face à un tension de trésorerie, la renégociation des délais de paiement constitue une réponse fréquente. Il s'agit d'obtenir des clients qu'ils règlent plus vite, et des fournisseurs qu'ils accordent des échéances plus longues. Cette démarche suppose un rapport de force : une PME très dépendante d'un donneur d'ordre unique dispose de peu de marge.

Les effets sont réels mais temporaires. Allonger un délai fournisseur reporte la sortie de trésorerie sans la supprimer. Accélérer un encaissement client suppose souvent d'accorder une remise, ce qui pèse sur la marge. La renégociation est donc un outil de gestion de court terme, pas une solution structurelle.

Elle présente un autre risque : détériorer la relation commerciale. Un fournisseur qui accepte un délai exceptionnel peut refuser la fois suivante, ou exiger des garanties. Pour les PME dont l'activité repose sur quelques partenaires, cette dégradation peut coûter plus cher que le gain immédiat.

Mobiliser les dispositifs d'accompagnement et de prévention

Il existe des dispositifs publics et consulaires d'aide aux entreprises en difficulté. Les tribunaux de commerce disposent de procédures de prévention, comme la conciliation, qui permettent d'ouvrir un dialogue avec les créanciers sous l'égide d'un tiers. Ces procédures sont confidentielles et visent à éviter la cessation de paiement.

Le recours reste toutefois limité. Une partie des dirigeants hésite à se signaler, par crainte d'un effet stigmatisant auprès des banques ou des clients. D'autres ignorent l'existence de ces dispositifs ou les jugent trop tardifs. Or, plus une difficulté est signalée tôt, plus les options de traitement sont larges.

  • Le mandat ad hoc et la conciliation s'adressent aux entreprises qui ne sont pas encore en cessation de paiement.
  • La procédure de sauvegarde concerne celles qui rencontrent des difficultés susceptibles de les conduire à la cessation de paiement.
  • Le redressement judiciaire intervient une fois la cessation de paiement constatée.

Ces outils ne garantissent pas la survie de l'entreprise. Ils offrent un cadre pour négocier avec les créanciers et réorganiser l'activité. Leur efficacité dépend largement de la date à laquelle ils sont activés et de la capacité de l'entreprise à présenter un projet crédible.

La hausse des faillites ne se traduit pas par une réponse unique. Les PME qui traversent une difficulté combinent généralement plusieurs leviers : suivi de trésorerie, négociation commerciale, appui extérieur. Aucun ne fonctionne isolément, et chacun suppose une marge de manœuvre que toutes les entreprises n'ont pas.

Amandine Moreau

Amandine Moreau

Amandine Moreau accompagne les entreprises du négoce dans la transformation de leurs ventes B2B, en conciliant digitalisation des processus et optimisation des marges. Forte d'une expertise pointue en relations grossistes et distributeurs, elle aide ses clients à repenser leurs stratégies de pricing et à renforcer leur compétitivité. Son approche pragmatique et orientée résultats fait d'elle une interlocutrice de confiance pour les acteurs souhaitant allier performance commerciale et innovation.

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